LE TOUR DU QUEYRAS

Samedi 25 juin 2011 – jour 1
Etape de Ville Vieille à Montbardon
(5 heures de balades de décrassage)
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Démarrage des Astragales à Ville Vieille. Et c’est parti pour 7 jours de marche non stop. Et dire que c’est pour revenir au point de départ ! Les Astragales, c’est à la fois l’alpha et l’oméga !
C’est le début du trek, l’altitude n’impose pas le masque à oxygène, les arbres proposent leur ombre bienfaitrice et le pas est gaillard. Mais cela ne va pas durer !

Les Ardents du Pied de l’expédition avaient tout fait pour éviter le nombre 13. 14 ils devaient être mais une défection de dernière minute (exit Stéphanie à son grand désespoir) les a ramenés au nombre fatidique. Cependant le destin aura plutôt été de leur côté pendant cette merveilleuse semaine où ils auront tutoyé les sommets des Alpes de cette contrée du Queyras, région coincée au sud-est de Briançon contre la frontière berlusconienne. Pour votre culture en général et pour celle de Milou en particulier, il faut savoir que, dans les Alpes, les consonnes finales ne se prononcent pas. Elles ne font là que de la figuration !

Présentation des acteurs de cette pièce en sept actes :
5 couples (Christian-Valentin et Jaquie, Gérard et Christiane, Jacques et Claudie, Christian-Polo et Annick, Christian-Milou et Monique) et 3 « singles » (Mireille, Joël et Christian-tout court). Vous remarquerez une hégémonie du prénom Christian qui impose de se rabattre sur d’autres qualificatifs.

L’atterrissage des troupes se fera au fil de l’eau (du Guil tout proche qui irrigue la vallée) tout au long de la journée de vendredi au point de chute du gîte des Astragales, du nom d’une papilionacée des montagnes, établissement amoureusement tenu par un couple attentif au plaisir de ses clients. Le démarrage, le samedi matin, va se faire allegro mais pas presto car dès le départ, des efforts seront demandés au sortir du village après le cadran solaire, le pont, la fontaine et le petit oratoire, quatre ingrédients multipliés à foison dans cette région.

Différents revêtements se glisseront sous nos pieds, chemins forestiers, sentiers étroits voisins du goudron, pistes où des bûcherons en débardeurs débardent des gros troncs (tout un métier, mais ils aiment ça. Ils prennent leurs pieds avec un tronc ! Ça ne vous rappelle rien !). Leur présence sera mise à profit pour nous remettre sur le droit chemin légèrement ignoré. A partir de là, de la verticalité dans l’herbe où beaucoup de fleurs égayent le parcours et l’ami Valentin sera assailli de questions sur le pedigree de telle ou telle. Valentin, plus incollable qu’une célèbre marque de pâtes au damier bleu, répond à chacun. Sur les fleurs, jamais il ne se plante !

Nous sommes dans l’immense domaine forestier de Fontaine Rouge, mais pour l’instant l’atteinte du col des Prés Fromages (2.146 m) est l’occasion de mettre bas (les sacs à dos). 6 Ardents, intrépides autant qu’insatiables, se lancent à l’assaut du sommet Bûcher (2.254 m) pendant que le restant de la troupe, sagement, découvre le contenu du panier repas. Chacun fait l’exploration de ses rêves ! Petite pause de douceur dans un monde de brutes.

Le périple reprend sur un chemin herbeux auquel succède bientôt une piste qui lui coupe l’herbe sous les pieds, et bientôt la fontaine Rouge est atteinte à 2.125 m. Passage d’un petit torrent inoffensif et prise d’une piste avec abandon du GR 5. Chemin plat puis grande descente (comme le film avec Yves Montand !). Arrivée dans la (petite, très petite) métropole de Montbardon. Une ruelle en tout et pour tout et on découvre le Cadran Solaire, le bien nommé, notre gîte de la nuit. Après la chaleur excessive des derniers moments, ce havre de paix et de fraîcheur nous ravit autant que les Sabines. Une boisson composée de malt et de houblon coule rapidement dans de nombreuses gorges exsangues.

Avant la cène du soir, rapprochement avec un groupe de marcheurs du Maine et Loire qui débutent là leur tour. Chacun joue cartes (IGN) sur table. Au repas du soir, entre la poire et le fromage, Milou nous lâche un mot qui fera tilt toute la semaine, GENEPI. A la demande de la gent féminine, l’hébergement se fera comme dans les pays arabes, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Quel est le masculin de harem ? La formule sera reprise une autre fois puis abandonnée par les instigatrices elles-mêmes. La guerre des sexes, comme celle de Troie d’Anouilh, n’aura pas lieu ! « Chéri, éteins l’abat-jour » ! « J’peux pas, j’suis pas là ! ».

Christian Brégéras

: Elévation suprême du jour, le sommet Bûcher à 2.254 m (avec sa jolie table d’orientation) vaincu par l’adret par 6 Ardents plus qu’ardents. Les autres, pendant ce temps, attaquent la face nord de leur panier repas et ne laisseront que peu de reliefs ! Comme sur le Tour de France, on assiste parfois à des crevaisons. Une rustine et ça repart. Mireille en tant que soigneuse du tour, en plus de guide. Et Milou n’est pas un si mauvais cheval !
Un décor de rêve vu depuis l’ombre fraîche des mélèzes. La difficulté commence quand il s’agit de gravir ces sacrées montagnes. Heureusement l’équipe est dotée de deux Piton (Gérard et Christiane). Et tout devient plus facile. Un gîte comme on les aime ! De l’authentique dans un hameau du bout du monde, Montbardon. Les corbeaux y volent sur le dos pour ne pas voir la maigreur de ce très modeste village !
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